La CET face aux enjeux de l’actualité nationale
Société

La CET face aux enjeux de l’actualité nationale

06/10/2026 à 21:39 • 3 min de lecture • Merlin T-Kombate • 12 vues
La 143ᵉ session de la Conférence des Évêques du Togo (CET) se tiendra à Kara du 11 au 16 octobre. Cette rencontre portera d’abord sur la vie pastorale des diocèses. Elle examinera également le centenaire des Œuvres pontificales missionnaires et les défis liés aux grands séminaires. Mais un autre sujet retiendra particulièrement l’attention : l’actualité sociopolitique nationale. Ce choix pose une question importante. Jusqu’où une institution religieuse peut-elle intervenir dans le débat public d’un État laïc ? Le principe est clair. L’Église et l’État disposent de missions différentes. L’Église agit principalement dans le domaine spirituel. Elle intervient aussi dans l’éducation, la solidarité et l’action sociale. La conduite des affaires publiques relève, quant à elle, des institutions de la République et des responsables investis d’un mandat citoyen. Le débat demeure sensible. Ces dernières années, la CET a pris position sur plusieurs questions nationales. En mars 2024, elle avait notamment appelé à surseoir à la promulgation de la nouvelle Constitution adoptée par l’ Assemblée Nationale Togolaise. L’histoire récente offre également un précédent majeur. L’archevêque émérite Mgr Philippe Fanoko Kpodzro avait apporté son soutien à la candidature de l’opposant Agbéyomé Kodjo lors de l’élection présidentielle. Du côté de l’Église, l’argument avancé est celui de la doctrine sociale. Les évêques disent intervenir au nom de la justice, de la paix, du #dialogue et de l’intérêt général. Ils ne se présentent pas comme les soutiens d’un parti ou d’un candidat. Mais la plus grande partie de l’opinion considère autrement ces interventions. Pour ces citoyens, la religion ne devrait pas se substituer aux institutions politiques ni influencer directement les choix relevant du suffrage. Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir si l’Église doit se taire. Elle peut naturellement contribuer au débat national. La question essentielle est plutôt celle des limites de cette contribution. Dans une République laïque, le dialogue entre les institutions religieuses et l’État peut être utile. Il doit cependant préserver les responsabilités propres à chacun. La 143ᵉ session de la CET à Kara permettra donc d’observer avec attention le ton et la portée de ses prochaines prises de position sur la situation nationale. Le débat ne porte pas seulement sur ce que l’Église peut dire. Il porte aussi sur la manière dont sa parole s’inscrit dans une République où la décision politique appartient aux citoyens et aux institutions habilitées à l’exercer.