La transition politique, cette vieille rengaine qui ne prend pas de retraite
Politique

La transition politique, cette vieille rengaine qui ne prend pas de retraite

18/10/2026 à 10:21 • 3 min de lecture • Merlin T-Kombate • 66 vues

Dans le paysage politique togolais, certaines revendications semblent avoir leur place réservée à chaque nouvelle séquence de débat. 

Dès qu’une perspective de dialogue est évoquée, la question de la transition politique revient au premier plan.

Comme si le débat national ne pouvait avancer sans repasser par cette même case !

Hier samedi, la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), le mouvement Lumière pour le développement dans la paix (LDP) et le Front Touche Pas à ma Constitution ont de nouveau exprimé leurs réserves sur les perspectives de dialogue annoncées par des responsables officiels.

Pour ces formations, les déclarations relatives à un éventuel dialogue ne seraient pas suffisamment convaincantes. 

Elles considèrent qu’une participation au Cadre permanent de concertation (CPC) risquerait de déboucher sur un "dialogue de dupes".

Cette position traduit une défiance à l’égard du cadre proposé. Mais elle soulève aussi une question de fond : comment sortir d’une impasse politique si les conditions du dialogue sont contestées avant même l’ouverture des discussions ?

Les trois formations maintiennent leur principale exigence : une transition politique, suivie d’assises nationales destinées à refonder la République.

La revendication est claire. Toutefois, la clarté d’un slogan ne garantit pas la précision d’un projet.

Une transition ne se résume pas à annoncer un changement de cadre politique. Elle suppose des objectifs, des règles de fonctionnement, une durée définie et des garanties institutionnelles.

  • Qui conduirait cette période ? 
  • Selon quels critères les responsables seraient-ils choisis ? 
  • Comment préserver la stabilité des institutions ? 
  • Et quelles mesures seraient prises pour répondre aux préoccupations économiques et sociales des citoyens ?

Ces interrogations méritent des réponses précises.

Car, à force de présenter la transition comme le passage obligé vers une solution politique, certains opposants donnent l’impression d’en faire un remède universel. 

Une sorte de bouton de réinitialisation : on appuie dessus et l’ensemble des difficultés nationales serait censé disparaître !

Malheureusement, la politique ne fonctionne pas comme un appareil électronique. 

Changer de configuration ne suffit pas à résoudre les problèmes de gouvernance, d’emploi, de pouvoir d’achat ou de développement.

L’ironie est d’autant plus forte que la refondation annoncée appelle elle-même des explications détaillées. 

La consolidation de la République constitue une ambition importante. 

L’enjeu est de poursuivre les réformes institutionnelles engagées, tout en veillant à leur efficacité, à la stabilité des institutions et à l’amélioration durable des conditions de vie des populations. 

La crédibilité d’une proposition politique se mesure aussi à sa capacité à dépasser la dénonciation. 

Elle exige des alternatives réalisables, des engagements vérifiables et une vision cohérente de l’avenir.

Les Togolais ne devraient pas avoir à choisir uniquement entre un dialogue jugé insuffisant et une transition dont les modalités restent à préciser. 

Ils sont en droit d’attendre des propositions qui éclairent les options possibles et leurs conséquences.

Au fond, la véritable question n’est pas seulement de savoir s’il faut une transition. 

Elle est de comprendre ce qu’elle changerait concrètement, qui la conduirait et comment elle garantirait un avenir meilleur aux Togolais.

En politique, réclamer un nouveau chapitre attire l’attention. Mais présenter le contenu du chapitre reste le meilleur moyen de convaincre les lecteurs.