Le Togo veut mettre fin aux retards
L’amélioration de la prise en charge des victimes d’accidents corporels constitue une priorité pour les autorités togolaises. À
Lomé, le ministre chargé de la Santé, Hygiène publique, Couverture sanitaire universelle et Assurances, Jean-Marie Koffi Tessi, a ouvert hier lundi une rencontre consacrée à la recherche de solutions concrètes aux retards d’indemnisation.
Le ministre a invité l’ensemble des acteurs concernés à assumer pleinement leurs responsabilités.
L’objectif est de réduire les délais de traitement des dossiers et d’éviter que les victimes et leurs familles ne subissent davantage de difficultés après un accident.
Les travaux se poursuivront à Kara les 29 et 30 octobre.
Pour Jean-Marie Tessi, la survenue d’un accident ne peut pas toujours être évitée. En revanche, les conséquences administratives, financières et sociales peuvent être mieux maîtrisées.
"Si nous ne pouvons pas toujours empêcher la survenue d’un accident, nous avons le devoir absolu d’éviter la double peine aux victimes", a-t-il déclaré.
Il estime que les souffrances physiques ne doivent pas être aggravées par des démarches interminables et des difficultés d’indemnisation.
La prise en charge repose sur plusieurs intervenants.
Les secouristes, les forces de sécurité, les professionnels de santé, les assureurs, les magistrats et les avocats jouent chacun un rôle déterminant.
Cependant, les dysfonctionnements d’un seul maillon peuvent ralentir l’ensemble du processus.
Le ministre déplore notamment des retards qui tendent à devenir récurrents.
Les autorités relèvent également des divergences dans l’évaluation des préjudices corporels.
Ces écarts peuvent favoriser des décisions contestées et créer un sentiment d’arbitraire.
À cela s’ajoute une coordination insuffisante entre les différents intervenants.
Ces difficultés expliquent, dans certains cas, pourquoi des victimes attendent plusieurs mois, voire des années, avant d’obtenir leur indemnisation.
Pour les familles concernées, ces délais représentent une charge supplémentaire.
Ils peuvent compliquer la prise en charge médicale, fragiliser les revenus du foyer et accentuer la précarité.
Face à cette situation, Jean-Marie Tessi appelle à une évolution profonde des pratiques.
"Cette attente transforme une victime en un oublié. Cette situation n’est plus acceptable", a-t-il insisté.
Le ministre considère que le temps est désormais venu de passer du diagnostic à une transformation méthodique du système d’indemnisation.
Au-delà des échanges, l’enjeu est de parvenir à des mesures susceptibles d’améliorer concrètement le traitement des dossiers.
Cela suppose une meilleure circulation des informations, des évaluations plus cohérentes des préjudices et un suivi plus rigoureux des procédures.
L’efficacité d’un système d’indemnisation ne se mesure pas uniquement aux règles qui l’encadrent.
Elle se juge aussi à sa capacité à apporter une réponse rapide et équitable aux personnes touchées.
L’objectif est de faire de l’indemnisation un mécanisme de réparation effective, et non une nouvelle épreuve pour les victimes d’accidents corporels.