Togo–Égypte : vers une nouvelle dynamique de coopération économique
Les relations commerciales entre le Togo et l’Égypte connaissent un recul depuis plusieurs années.
Face à cette tendance, la nouvelle ambassadrice égyptienne à Lomé, Shahinaz Abuseri, entend donner une nouvelle impulsion à la coopération économique entre les deux pays.
Elle a présenté ses orientations aux responsables de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCI).
Plusieurs secteurs ont été identifiés comme prioritaires. Il s’agit notamment de l’industrie pharmaceutique, de l’agriculture, des technologies et de la construction.
La diplomate mise également sur la visite au Togo, prévue en 2027, du ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty.
Cette échéance pourrait favoriser la relance du dialogue économique et faciliter de nouveaux partenariats, notamment autour de projets portés par des investisseurs égyptiens.
Pour le président de la CCI, José Kwassi Symenouh, l’Égypte dispose d’atouts susceptibles de contribuer au processus d’industrialisation du Togo.
Cette perspective ouvre la voie à une coopération davantage orientée vers l’investissement productif et le développement des capacités locales.
Les données des Nations unies, issues de la base UN Comtrade et relayées par Trading Economics, illustrent l’écart entre les échanges des deux pays.
En 2025, le Togo a importé des produits égyptiens pour une valeur de 30,3 millions de dollars.
En revanche, ses exportations vers l’Égypte se sont établies à environ 302 000 dollars.
Cette différence met en évidence un déséquilibre commercial important.
Elle souligne aussi l’enjeu que représente l’élargissement des débouchés des entreprises togolaises sur le marché égyptien.
Les exportations égyptiennes vers le Togo sont principalement constituées de matériaux de construction.
Le sel, le soufre, les pierres, le plâtre, la chaux et le ciment représentent 13,4 millions de dollars, soit 44 % du total.
Le sucre et les confiseries arrivent en deuxième position, avec 5,4 millions de dollars, correspondant à 18 % des importations concernées.
Les carburants et huiles minérales représentent ensuite 3,3 millions de dollars, tandis que les extraits tinctoriaux et tannants atteignent 1,7 million de dollars.
Ces chiffres mettent en évidence la place des produits égyptiens sur le marché togolais.
Ils invitent également à rechercher des mécanismes capables de favoriser une présence accrue des produits et services togolais en Égypte.
Le Togo et l’Égypte disposent d’un comité mixte de coopération bilatérale.
Ce cadre institutionnel peut servir à identifier les projets prioritaires et à faciliter leur mise en œuvre.
En novembre 2024, l’ancien ambassadeur égyptien au Togo, Ahmed Mohamed Eid Moustapha Ahmed, avait rappelé que la coopération avait été relancée en 2017, notamment à travers un projet agricole : la ferme égypto-togolaise d’Abatchang, présentée comme une réalisation emblématique du partenariat.
À cette occasion, plusieurs domaines d’intérêt commun avaient été évoqués.
Il s’agissait de l’agriculture, de la santé, des activités portuaires entre Lomé et Suez, de l’urbanisme et du tourisme.
Des discussions avaient également été engagées avec le groupe égyptien Elsewedy dans le secteur des infrastructures.
Un rapprochement entre l’Agence égyptienne de partenariat pour le développement et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) avait aussi été mentionné.
Par ailleurs, des pourparlers avaient repris autour d’un projet de construction d’hôpitaux au Togo.
Ces initiatives témoignent de l’existence de plusieurs pistes de coopération, dont la concrétisation pourrait contribuer à diversifier les relations économiques bilatérales.
La relance du partenariat entre Lomé et Le Caire pose désormais la question de la transformation des intentions en réalisations concrètes.
Pour le Togo, l’enjeu ne consiste pas uniquement à accroître les échanges commerciaux.
Il s’agit également de favoriser les investissements, de renforcer les capacités industrielles et d’élargir les possibilités d’exportation des entreprises nationales.
L’agriculture, la santé, les infrastructures et les technologies constituent, à cet égard, des domaines où une coopération mieux structurée pourrait produire des effets durables.
La visite annoncée du chef de la diplomatie égyptienne en 2027 pourrait offrir un cadre pour préciser les priorités, identifier les projets réalisables et consolider les partenariats entre les acteurs publics et privés.
L’enjeu central sera de parvenir à une coopération plus équilibrée, fondée sur des investissements concrets, la création de valeur locale et une meilleure circulation des produits entre les deux marchés.
La dynamique diplomatique devra ainsi s’accompagner d’un suivi rigoureux des engagements et d’objectifs économiques clairement définis.