Diplomatie
Togo–RDC : au-delà du protocole diplomatique
La remise des copies figurées des lettres de créance de Jean Diur Muland, nouvel ambassadeur de la RDC au Togo, pourrait sembler relever du strict protocole diplomatique.
Sa portée va au-delà de cette dimension.
Reçu par le ministre des Affaires étrangères, Robert DUSSEY , le nouvel ambassadeur ouvre une nouvelle séquence dans les relations entre Lomé et Kinshasa.
Les deux pays ont réaffirmé leurs liens historiques. Ils ont également évoqué les moyens de renforcer leur coopération.
Cette volonté mérite d’être observée dans le contexte régional actuel.
Le Togo est en effet médiateur désigné par l’Union africaine dans la crise des Grands Lacs.
Son rôle dans les efforts de rapprochement entre la RDC et le Rwanda donne nécessairement une dimension supplémentaire à ses relations avec Kinshasa.
La diplomatie togolaise se trouve donc au croisement de deux enjeux.
D’un côté, il y a la consolidation des relations bilatérales avec la RDC.
De l’autre, il y a la responsabilité de contribuer à la recherche d’une issue diplomatique à une crise régionale complexe.
Le Togo ne peut pas dissocier complètement ses relations bilatérales de son rôle dans les initiatives régionales.
La confiance avec les différents acteurs devient alors un élément essentiel de toute démarche de médiation.
La remise officielle des lettres de créance au chef de l’État constituera la prochaine étape protocolaire.
Mais derrière le protocole, le véritable enjeu sera la capacité de Lomé à transformer la qualité de ses relations diplomatiques en levier de dialogue, de coopération et de confiance dans la région des Grands Lacs.