Le Togo mise sur une coopération diversifiée et des partenariats stratégiques
Diplomatie

Le Togo mise sur une coopération diversifiée et des partenariats stratégiques

28/10/2026 à 17:09 • 4 min de lecture • Merlin T-Kombate • 39 vues

Le troisième sommet Russie-Afrique s’est ouvert ce mercredi à Moscou sous l’impulsion de Vladimir Poutine.

La rencontre réunit des délégations de 48 pays africains. Une vingtaine de dirigeants sont représentés au niveau des chefs d’État ou de gouvernement. 

Le Président du Conseil, Faure Essozimna GNASSINGBE, prend également part aux travaux.

Dans son discours d’ouverture, le président russe a évoqué une transformation profonde de l’ordre international.

Il considère l’émergence d’un monde multipolaire comme une dynamique objective et irréversible.

Pour Moscou, l’époque où un nombre limité de puissances déterminait seul le destin des autres régions du monde appartient progressivement au passé.

Vladimir Poutine a notamment plaidé pour une représentation plus importante de l’Afrique au sein du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. 

Il a également mis en avant la coopération agricole avec le continent. 

Selon ses déclarations, la Russie fournit des céréales et des engrais à plus de 40 pays africains. Elle se dit disposée à accroître ces livraisons.

Après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023, cette troisième rencontre confirme la volonté russe de consolider ses relations avec l’Afrique. 

Le continent compte près de 1,6 milliard d’habitants et occupe une place croissante dans les équilibres internationaux. 

Avec ses 54 États, il constitue le groupe régional le plus important à l’Assemblée générale des Nations unies.

Cette dynamique s’inscrit toutefois dans un environnement concurrentiel. 

La Russie cherche à consolider sa position face aux États-Unis, à l’Europe et à la Chine. 

Son influence repose sur plusieurs leviers, notamment les échanges économiques, la coopération militaire et les partenariats politiques.

Au Sahel, cette stratégie s’est renforcée avec le rapprochement entre Moscou et les autorités militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger. 

Après leur rupture avec plusieurs partenaires occidentaux, ces pays ont accueilli des combattants russes, initialement associés au groupe Wagner. 

Celui-ci a ensuite cédé la place à l’Africa Corps, placé sous l’autorité directe du ministère russe de la Défense. Selon diverses estimations, entre 1 700 et 2 000 combattants russes seraient présents dans ces trois pays.

Pour le Togo, ce sommet représente avant tout une occasion de consolider des relations utiles à ses priorités nationales. 

Arrivé à Moscou hier mardi, le Président du Conseil, Faure Essozimna GNASSINGBE, a déjà présidé la signature de trois accords de coopération avec des institutions russes. 

Ceux-ci concernent notamment l’éducation, l’agriculture, la culture et les droits de l’homme.

Les enjeux togolais dépassent ainsi le seul cadre diplomatique. 

Lomé entend faire avancer ses intérêts dans la sécurité alimentaire, l’énergie, la formation et la valorisation de son port. 

Ces secteurs constituent des leviers importants pour soutenir le développement économique et renforcer les capacités nationales.

L’approche togolaise repose sur un principe essentiel : multiplier les partenariats sans enfermer le pays dans une dépendance exclusive.

En maintenant le dialogue avec différentes puissances, le Togo cherche à élargir ses possibilités de coopération et à préserver ses marges de décision.

Dans un contexte international marqué par la compétition entre grandes puissances, la diversification diplomatique constitue donc un instrument stratégique. 

Pour Lomé, l’enjeu est de transformer les relations politiques en résultats concrets, au bénéfice de l’économie et des populations.

La participation du Chef d’Executif, Faure Essozimna GNASSINGBE à ce sommet s’inscrit dans cette logique : dialoguer avec les partenaires, défendre les intérêts nationaux et rechercher des opportunités au service du développement du Togo.